Au regard de l'arrêt rendu par le Tribunal administratif du canton de Genève le 24 janvier 1995, les circonstances de la présente cause s'en distinguent en ce que, si la recourante n'a pas été victime d'une atteinte à l'intégrité sexuelle commise par violence physique et par deux individus, son calvaire, qui a commencé alors qu'elle était adolescente, n'a pas moins duré pendant onze ans et a été, en particulier depuis qu'elle habite à La Chaux-de-Fonds, marqué de façon permanente par les plus graves outrages sexuels, commis de surcroît par son propre père. De telles circonstances font apparaître le dommage et la souffrance qu'elle a