La gravité objective de tout attentat à la pudeur des enfants n'est plus à démontrer (ATF 118 II 414 avec les références). Il est également constant que la souffrance ressentie par les enfants ou les adolescents victimes d'abus sexuels de familiers, tel le père de la victime, revêt une intensité particulière. L'inceste ne peut être qu'une relation extrêmement déstructurante pour celui qui la subit, car l'auteur abuse de la confiance et de la candeur de la victime, laquelle est la plupart du temps maintenue dans son état de dépendance non préparée à la résistance, par une violence physique ou morale, par le chantage ou l'exploitation de son obscur sentiment de culpabilité.