Sur le plan objectif, il est indiscutable que la recourante a grossièrement violé une règle fondamentale de la circulation. Sur le plan subjectif en revanche, la question est plus délicate. Y a-t-il eu négligence grossière particulièrement blâmable ? Il y a lieu de répondre affirmativement à cette question. On relèvera que J. n'a, à aucun moment avant le choc, vu les deux piétons traverser, celui-ci se donnant dès lors particulièrement violemment, S. étant projetée à 9,45 mètres du point de choc et sa fille T. à 26,60 mètres. Par ailleurs, les piétons avaient parcouru quelque 11 mètres lorsqu'ils ont été atteints par le véhicule J., se trouvant ainsi dans le champ de visibilité de la