S'a- gissant de l'innocence de l'époux créancier, une interprétation toujours plus large a été donnée à ce terme, l'accent étant de plus en plus mis sur le besoin, ce qui est même le cas pour la rente de l'article 151 CC, où la notion d'innocence a elle aussi été très sensiblement élargie (voir à ce sujet Grossen, Une révolution tranquille, problème de droit de la famille, Université de Neuchâtel, 1987, p.59 ss, notamment 65). Toujours dans le même sens, où l'accent est avant tout mis sur le besoin de l'époux créancier, il a été jugé et souligné que le juge devra faire montre de beaucoup de retenue s'agissant des possibilités de limiter la pension dans le temps