{"Signatur": "JU_TC_004", "Spider": "JU_Gerichte", "Datum": "2021-11-16", "PDF": {"Datei": "JU_Gerichte/JU_TC_004_CPR-2021-40_2021-11-16.pdf", "URL": "https://entscheidsuche.ch/ju_helper/download.php?pfad=/tribunavtplus/ServletDownload/CPR_2021_40_1408a985f8826467a8c687f839faba2aeaade3b09d2d0cb82cae10120e4f2c732fb9065995fc392126796dc1dbf44410237854f548cb06d53c016e9d15a6dc516177d7d0136aaa38cfe65a3119ad2f6f&path=1408a985f8826467a8c687f839faba2aeaade3b09d2d0cb82cae10120e4f2c732fb9065995fc392126796dc1dbf44410237854f548cb06d53c016e9d15a6dc516177d7d0136aaa38cfe65a3119ad2f6f&pathIsEncrypted=1&dossiernummer=CPR_2021_40", "Checksum": "6511d9947680e745379a4db66a88c7fd"}, "Scrapedate": "2023-01-01", "Num": ["CPR 2021 40"], "Kopfzeile": [{"Sprachen": ["fr", "de", "it"], "Text": "Jura Tribunal Cantonal Chambre pénale des recours 16.11.2021 CPR 2021 40"}], "Meta": [{"Sprachen": ["de"], "Text": "Jura  Chambre pénale des recours"}, {"Sprachen": ["fr"], "Text": "Jura Tribunal Cantonal Chambre pénale des recours"}, {"Sprachen": ["it"], "Text": "Giura  Chambre pénale des recours"}], "Abstract": [{"Sprachen": ["de", "fr", "it"], "Text": "Rejet du recours interjeté c/ l'ordonnance de classement du 6 avril 2021 rendue dans le cadre du drame de Courfaivre | recours contre ordonnance de classement"}], "ScrapyJob": "446973/25/1618", "Zeit UTC": "04.05.2024 23:38:01", "Checksum": "0d72c2eab5b3d5e4be6c2a284e32cc88", "Chunktext": "Extrait de l'arrêt Jura Tribunal Cantonal Chambre pénale des recours 16.11.2021 CPR 2021 40\nRegeste:\nRejet du recours interjeté c/ l'ordonnance de classement du 6 avril 2021 rendue dans le cadre du drame de Courfaivre | recours contre ordonnance de classement\n\n « Le lundi matin, E.A.________ s’était réveillé chez ses parents, à U.________, un\npeu après sept heures, au moment où son père quittait la maison pour se rendre à\nune partie de chasse où lui-même devait le rejoindre après être allé chercher ses\nchiens, hébergés, depuis l’affaire de la semaine précédente, chez des amis de\nCourfaivre, O.________, et P.________. Il semble être arrivé à Courfaivre vers sept\nheures trente ou sept heures quarante (Vol. I p. 59) et avoir embarqué ses chiens\ndans sa voiture.\n9\n\nToutefois, P.________ dit avoir vu la voiture garée devant chez elle entre huit heures\net quart et huit heures et demie. On peut donc supposer qu’après avoir pris ses\nchiens, E.A.________ ait attendu un moment avant de se rendre chez sa femme,\nsupposition corroborée par le fait qu’il s’était renseigné, la semaine précédente sur\nles allées et venues de ses enfants et sur la question de savoir si la maison était\nsurveillée ou si sa femme était dotée d’un bracelet électronique (Vol. I, p. 72). Or,\nl’une des filles, Q.________, devait partir aux aurores, soit avant six heures, et la\ncadette, R.________, un peu avant huit heures. Il est donc probable qu’il se soit\nintroduit dans la maison entre huit heures et huit heures et demie, plutôt après huit\nheures quinze puisque c’est à cette heure que F.A.________ envoyait un message à\nP.________, l’invitant à boire un café le matin-même, ce qu’il est peu vraisemblable\nqu’elle eût fait si son mari avait été chez elle (Vol. I p. 60 et 132).\n\nOn ne sait pas comment E.A.________ est entré, s’il disposait d’une clé, s’il a sonné\net que sa femme est venue lui ouvrir ou s’il a usé d’un stratagème quelconque pour\nle faire. On ne sait au surplus pas pour quel motif il s’est rendu sur place, si c’était\nsimplement pour avoir une explication avec sa femme, explication qui aurait mal\ntourné, ou s’il avait dès le début des idées plus arrêtées. Ce qui semble contredire\ncette dernière hypothèse est le fait que l’on a retrouvé les vêtements des\nprotagonistes dans la chambre de Q.________ (pourquoi l’essentiel des faits s’est-il\nproduit dans les chambres des enfants et non dans la chambre parentale ? Ce n’est\npas le moindre mystère de cette affaire), rangés d’une manière qui n’évoque ni\nprécipitation ni violence, ainsi qu’un message parti du téléphone de F.A.________ à\nneuf heures et adressé à son mari ainsi rédigé : « Passe à la maison j’ai besoin de\nte parler. Ne dis rien stp » (Vol. I, p. 132). Or, à ce moment, il est à peu près certain\nque E.A.________ était déjà dans la maison de sa femme et cette dernière le savait ;\ndans son sens littéral, ce message n’avait donc pas de raison d’être (E.A.________\navait de toute façon laissé son propre téléphone dans sa voiture et l’on sait que le\nmessage n’a pas été lu). Il ne pouvait avoir un sens que pour faire croire,\nultérieurement, que s’il avait contrevenu aux mesures de substitution, c’était à la\ndemande expresse de sa femme. Il est donc hautement vraisemblable qu’il ait été à\nl’origine de ce message, soit qu’il l’ait dicté à sa femme soit qu’il l’ait écrit lui-même.\nDans un cas comme dans l’autre, il laisse supposer de sa part la crainte d’ennuis\nsubséquents, ce qui n’aurait aucune logique s’il était déjà à ce moment-là, déterminé\nà en finir. Plus troublant est un billet probablement de la main de F.A.________,\nretrouvé sur le bureau de Q.________, soit dans la chambre dans laquelle les\nconjoints s’étaient déshabillés (pas forcément en même temps, d’ailleurs) qui\nannonce une fin tragique (« Je suis desoler de tout sa. J’espère que vous nous\npardonner un jour au revoir. »). Il est toutefois impossible de déterminer à quel\nmoment ce billet a été écrit ; la seule chose que l’on puisse constater est que l’on n’y\ndécèle ni trace de sang ni même trace d’humidité alors qu’il est vraisemblable que\nF.A.________ ait pris un bain le matin-même puisque la baignoire était encore pleine\nau moment de l’arrivée de la police. L’hypothèse que ce billet ait été écrit sous la\ncontrainte est la plus vraisemblable mais il n’existe aucun moyen technique de s’en\nassurer, ce d’autant plus que, dans n’importe quel cas de figure, il était évidemment\nécrit sous le coup d’une intense émotion.\n10\n\nLes divers témoignages recueillis permettent de penser que le drame s’est produit\naux alentours de neuf heures et demie. A la suite de quel enchaînement de\ncirconstances, le mystère demeure opaque. Les indices recueillis sur place évoquent\nun moment de lutte et divers allées et venues entre la salle de bain, le couloir (où un\nmorbier a été renversé), la chambre de Q.________ et celle de R.________ dans\nlaquelle les corps ont été retrouvés. Des appels au secours entendus dans le\nvoisinage rendent peu crédible l’hypothèse d’une décision commune d’en finir avec\nla vie et force est d’admettre que F.A.________ n’était pas prête à mourir ce matin-là\net que le carnage découvert est l’œuvre du seul E.A.________ qui, apparemment ne\npouvait envisager l’idée d’une séparation.\n\n"}