{"Signatur": "JU_TC_003", "Spider": "JU_Gerichte", "Datum": "0000-00-00", "PDF": {"Datei": "JU_Gerichte/JU_TC_003_CP-2013-17_0000-00-00.pdf", "URL": "https://entscheidsuche.ch/ju_helper/download.php?pfad=/tribunavtplus/ServletDownload/CP_2013_17_1408a985f8826467a8c687f839faba2aeaade3b09d2d0cb82cae10120e4f2c73950afe6553b00af727cd18a8113d5e8523555a0787d999ac50025e465f532769e60e46cc18d8711c3fb58cad0b4329b6&path=1408a985f8826467a8c687f839faba2aeaade3b09d2d0cb82cae10120e4f2c73950afe6553b00af727cd18a8113d5e8523555a0787d999ac50025e465f532769e60e46cc18d8711c3fb58cad0b4329b6&pathIsEncrypted=1&dossiernummer=CP_2013_17", "Checksum": "6ffe74c2e487eb8e67b1dd2d95f325a8"}, "Scrapedate": "2023-01-01", "Num": ["CP 2013 17"], "Kopfzeile": [{"Sprachen": ["fr", "de", "it"], "Text": "Jura Tribunal Cantonal Cour pénale 00.00.0000 CP 2013 17"}], "Meta": [{"Sprachen": ["de"], "Text": "Jura  Cour pénale"}, {"Sprachen": ["fr"], "Text": "Jura Tribunal Cantonal Cour pénale"}, {"Sprachen": ["it"], "Text": "Giura  Cour pénale"}], "Abstract": [{"Sprachen": ["de", "fr", "it"], "Text": "meurtre passionnel / meurtre; mesure de la peine | appels"}], "ScrapyJob": "446973/25/1618", "Zeit UTC": "04.05.2024 23:42:29", "Checksum": "7c8079005dd04550b4b5c42e9ab8776b", "Chunktext": "Extrait de l'arrêt Jura Tribunal Cantonal Cour pénale 00.00.0000 CP 2013 17\nRegeste:\nmeurtre passionnel / meurtre; mesure de la peine | appels\n\n L'expert explique que le meurtre de G., suivi d'une tentative de se donner la mort,\ns'inscrit dans le prolongement des comportements suicidaires qu'a eu le recourant au\nmois d'août 2011. On y discerne un aspect de \"suicide-bilan\", mais aussi une façon\nde pousser à l'extrême un mécanisme dans lequel l'expert a identifié une dimension\nde manipulation : \"mon amour est tellement grand que je peux tout te donner, alors\nsi c'est le fait que je continue à être là qui est un obstacle à ton bonheur, je m'enlève\nla vie pour ne plus te déranger\". Mettre sa vie en jeu, apparaît comme le dernier\nbanco, l'ultime manœuvre pour rester dans une position où on ne va être ni\nabandonné, ni humilié. La perspective de retrouvailles dans l'au-delà figurait par\nailleurs déjà expressément dans la lettre d'adieu manuscrite du mois d'août. Il n'est\n17\n\npas plausible, d'un point de vue psychologique, que la ligne de raisonnement\nconduisant de cette remarque à la décision de tuer G. et de se donner ensuite la mort\nait pris place en-dehors de l'expérience consciente de l'expertisé (G.5.69).\n\nLa thèse d'une «réaction court-circuit» au moment où elle lui a dit, allongée devant la\ntélévision, qu'elle avait pour E. le même amour non payé de retour que celui que luimême nourrissait à son égard ne correspond pas à notre expérience. Dans de telles\nsituations, l'élément déclenchant réside dans une information nouvelle fonctionnant\ncomme la pièce manquante d'un puzzle rendant subitement compréhensible l'image\nqu'on n'avait pas vue, comme la clef ouvrant une porte qui avait jusque-là tenu éloigné\ndu conscient un secteur dissocié de l'expérience du sujet, conduisant à l'irruption\nsubite d'une pulsion meurtrière développée insidieusement de façon inconsciente et\ndont la brusque émergence prend à contre-pied les mécanismes de contrôle rationnel\ndu sujet. Pour qu'on puisse retenir un tel mécanisme, il faudrait que la remarque de\nG. ait exposé subitement Monsieur X. à une réalité dont il n'avait jusque-là pas\nconnaissance. Même s'il s'est efforcé de les ignorer, il avait pourtant de la disposition\nd'esprit et des projets de sa compagne une connaissance suffisamment disponible\npour pouvoir écrire au mois d'août des courriers montrant qu'il avait bien compris les\ntenants et aboutissants de la situation. Il avait non seulement entendu mais compris\nle message que lui avait selon plusieurs témoins donné de longue date G. qu'elle ne\npouvait pas l'aimer d'amour puisqu'il l'a remerciée des efforts qu'elle avait consentis\npour essayer de l'aimer. Il avait compris aussi qu'elle aimait encore J. (comme tu me\nle disais tu as encore beaucoup de sentiments pour lui).\n\nEn retardant son départ pour … puis en se démenant pour trouver un nouvel emploi\nalors que G. lui avait communiqué de façon parfaitement claire son intention de\nrupture, l'expertisé a joué les dernières cartes qui lui restaient. Quand il a réalisé\nqu'elles étaient perdantes, il a décidé de mettre en œuvre ce qui apparaît comme un\nplan réservé au cas de figure où la partie serait définitivement perdue. II est possible\nqu'il ait eu le temps de mûrir sa décision durant la promenade qu'il a faite en début\nde soirée si, comme le suggèrent certains éléments du dossier, la victime lui avait\navant cette sortie donné une fois encore le message qu'elle ne pouvait lui donner la\nréciproque de l'amour qu'il avait pour elle. Même si ce que l'on ne peut pas considérer\ncomme une révélation mais qui semble bien plutôt avoir constitué un nème rappel est\nintervenu après son retour, la décision qu'il aurait alors prise rapidement avait sans\ndoute été préparée par un long – et certainement douloureux - travail de rumination\net de réflexion (G.5.70).\n\nLe meurtre de G. ne représente pas un acte «étranger à sa personnalité». Il s'inscrit\nau contraire dans une certaine logique (G.5.70 in fine).\n\nLe comportement du prévenu après le meurtre, soit le fait d'appeler l'ambulance avant\nde se porter les coups de couteau pour épargner au fils de la victime la découverte\nde la scène du drame, la gravité des blessures qu'il s'est infligées qui témoignent de\nsa détermination à mourir, le fait d'ouvrir la fenêtre aux chats pour éviter qu'ils ne\nrestent dans le sang, témoignent d'une bonne conservation de ses capacités à\n18\n\norganiser son comportement en fonction de normes éthiques et morales au moment\ndu drame (G.5.71).\n\nL'expert indique que même si le recourant recevait un traitement antidépresseur de\nmirtazapine, le fait que la médication ait joué un rôle significatif dans le délit commis\npeut être exclu, dans la mesure où les diagnostics de dépression majeure et trouble\naffectif bipolaire ne sont pas pertinents chez le recourant et que ce dernier suivait son\ntraitement depuis un mois au moment des faits (G.5.72).\n\nLe meurtre n'a sans doute pas été accompli de manière froide et détachée. On y\ndiscerne une dimension de rationalité étayée par la logique dévoyée d'un amour\nconfinant au fanatisme, l'aspect extrême d'un \"altruisme\" motivant le meurtre de celle\nque l'on aime avant son propre suicide pour pouvoir la retrouver dans l'au-delà\nrévélant qu'il s'agit d'une formation réactionnelle derrière laquelle transparaît\nl'égocentrisme d'un homme blessé (G.5.72).\n\n"}