{"Signatur": "JU_TC_003", "Spider": "JU_Gerichte", "Datum": "0000-00-00", "PDF": {"Datei": "JU_Gerichte/JU_TC_003_CP-2010-28_0000-00-00.pdf", "URL": "https://entscheidsuche.ch/ju_helper/download.php?pfad=/tribunavtplus/ServletDownload/CP_2010_28_1408a985f8826467a8c687f839faba2aeaade3b09d2d0cb82cae10120e4f2c73a43d7914e7eb806a2eb2d37c320d3afe98afc12dec9272b8986121de00f6272104c394af00f517b100019756a0f350dd&path=1408a985f8826467a8c687f839faba2aeaade3b09d2d0cb82cae10120e4f2c73a43d7914e7eb806a2eb2d37c320d3afe98afc12dec9272b8986121de00f6272104c394af00f517b100019756a0f350dd&pathIsEncrypted=1&dossiernummer=CP_2010_28", "Checksum": "bac717ba4ac663b944ab9b17d046d09d"}, "Scrapedate": "2023-01-01", "Num": ["CP 2010 28"], "Kopfzeile": [{"Sprachen": ["fr", "de", "it"], "Text": "Jura Tribunal Cantonal Cour pénale 00.00.0000 CP 2010 28"}], "Meta": [{"Sprachen": ["de"], "Text": "Jura  Cour pénale"}, {"Sprachen": ["fr"], "Text": "Jura Tribunal Cantonal Cour pénale"}, {"Sprachen": ["it"], "Text": "Giura  Cour pénale"}], "Abstract": [{"Sprachen": ["de", "fr", "it"], "Text": "Actes d'ordre sexuel avec des enfants, contraintes sexuelles et viols | appels"}], "ScrapyJob": "446973/25/1618", "Zeit UTC": "04.05.2024 23:42:23", "Checksum": "c01039e6887ccbfac99157bd0efb757a", "Chunktext": "Extrait de l'arrêt Jura Tribunal Cantonal Cour pénale 00.00.0000 CP 2010 28\nRegeste:\nActes d'ordre sexuel avec des enfants, contraintes sexuelles et viols | appels\n\n Le Dr M5 décrit ensuite ses constatations lors de son entretien avec B. Il mentionne\nnotamment qu'il s'agit d'une fille faisant son âge, au regard triste et inquiet, orientée\ndans l'espace et le temps, très tendue au début d'entretien, puis relâchant ses\ndéfenses au fil de l'investigation. Elle ne cherche pas à détourner ses réponses ou à\ntenter d'infléchir son avis. Rassurée par la présence d'une tierce personne, un climat\nde confiance et une distance adéquate lui ont permis de revenir sur les événements.\nLa bradypsychie est notable, l'expertisée présentant un ralentissement de son\n30\n\ndiscours et se montrant particulièrement angoissée lorsqu'elle aborde les faits. La\ncongruence entre le discours et les affects est manifeste à l'abord des questions\nsensibles. Malgré le fond de tristesse présenté, elle peut se montrer vivante, en\nparticulier lorsqu'elle parle de ses liens sociaux et de ses différentes activités.\n\nL'expert relève que le discours est associatif, à savoir qu'il ne relève en rien d'un récit\nou d'une narration appris par cœur et donnés à entendre pour soutenir un quelconque\nargument. Au contraire, le discours est inscrit dans des mouvements affectifs\nconvenant aux situations abordées. En outre, il ne relève aucun signe de la lignée\npsychotique. La pensée reste organisée. La plaignante n'a pas présenté, durant plus\nde 3 heures d'entretien, un élément discursif évoquant un contenu délirant\nhallucinatoire. Elle perçoit la gravité des actes commis par son père et la gravité pour\nelle et son entourage des conséquences du dévoilement de l'abus et du processus\njudiciaire avec justesse et empathie. Jamais elle ne tend à fabuler ou à surcharger le\npère en tant qu'agresseur et la mère en tant que complice. Sobre et à la fois critique,\nelle est attachée à sa famille, en particulier à sa mère et ses frères. Le dévoilement,\nque ce soit en 2002 ou en 2005, s'est fait dans des moments de contraintes ou de\nconflits majeurs sans suggestion de son entourage, la décision ayant été prise par\nl'expertisée elle-même dont l'un de ses traits de caractère est l'hypermaturité.\n\nSelon l'expert, c'est l'intelligence de B., qui ne fait aucun doute sur le plan clinique,\nqui l'a sauvée. Au regard de la pauvreté et du coté délétère des investissements\nfamiliaux, elle a pu développer des relations d'amitié stables et investir avec\npertinence et persévérance activités scolaires et extrascolaires. Elle a aussi pu lutter\ncontre ce milieu socioculturel qui cherchait à l'isoler de la culture dans laquelle elle\ns'est développée. Les conséquences possibles sur sa famille, une éventuelle\ncondamnation du père (conséquences qu'elle craint en particulier pour ses frères et\nsa mère tout en maintenant que ce père doit être jugé) sont au coeur de ses\npréoccupations. En même temps, le harcèlement et les pressions continues qu'elle\nsubit toujours, du moins indirectement, sont lourdes pour la psyché de l'expertisée,\nqui, maintenant adolescente, ne se laisse pas engager dans des loyautés\ndestructrices au système familial et en particulier aux exigences maternelles qui\nvoudraient qu'elle nie les actes subis. Il n'y a aucun mouvement de rétractation\nsuperposable à celui de 2002. Son discours ne s'écarte pas des propos tenus aux\ndifférents temps du dévoilement. Elle répète avec précision et cohérence ce qu'elle a\nsubi, le contenu de ses propos n'étant à aucun moment contaminé par l'imaginaire.\n\nSur le plan clinique, l'expert relève chez la plaignante d'importants troubles du\nsommeil, en particulier sous forme de difficultés d'endormissement, de cauchemars\net de rêves à contenus traumatiques, ses cauchemars évoquant la peur légitime de\nse retrouver seule sans sa famille. Ses projets et ses investissements lui permettent\nde contre-investir le négatif des traumatismes et de ses conséquences. Quel que soit\nl'aspect de sa vie abordée, B. répond d'elle-même et toujours avec précision,\nadéquation, sobriété, sans tenter de séduire d'une quelconque manière son\n31\n\ninterlocuteur. En conclusion, l'observation clinique indique que le discours de\nl'expertisée est crédible.\n\nLe Dr M5 retient les diagnostics suivants: difficultés liées à des sévices sexuels\ninfligés à un enfant par une personne de l'entourage direct, troubles du sommeil,\ntroubles dépressifs sans symptômes psychotiques et troubles anxieux.\n\nA l'évaluation psychiatrique, B. présente des symptômes compatibles avec la clinique\nde l'enfant abusé, à savoir troubles anxieux sévères, dépressivité et troubles du\nsommeil. Au cours de l'entretien, elle est restée cohérente, revenant de manière\nprécise et identique sur les événements. Le contenu du discours est étroitement\ncorrélé à l'affect. A aucun moment, l'expert n'a noté de discordance idéo-affective\npermettant de douter de son discours. Ce qu'elle affirme dans ses déclarations sur\nles abus subis de la part de son père coïncide avec les déclarations faites en 2005\ndans le cadre du dévoilement, que ce soit aux autorités ou à son entourage. Les\ndifférents énoncés faits aux différentes personnes sont cohérents, répétitifs et\nconservent une congruence idéo-affective notable. La lecture du dossier de 2002\nparle en faveur du dévoilement de l'abus commis par le père suivi d'une rétractation,\ncompatible avec un abus incestueux. La brièveté de l'aveu suivi de rétractation est un\nclassique de la clinique de l'enfant abusé aux prises avec un conflit de loyauté. Cette\nconclusion amène l'expert à dire que ce bref dossier parle en faveur d'un abus\nprobable.\n\n"}