{"Signatur": "GE_TP_001", "Spider": "GE_Gerichte", "Sprache": "fr", "Datum": "2022-01-12", "HTML": {"Datei": "GE_Gerichte/GE_TP_001_P-10628-2020_2022-01-12.html", "URL": "https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/jtp/show/2957651?doc=", "Checksum": "0ba812bd046a5e1d743249868661dccb"}, "PDF": {"Datei": "GE_Gerichte/GE_TP_001_P-10628-2020_2022-01-12.pdf", "URL": "https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/jtp/file/2022/0000/JTCO_000003_2022_P_10628_2020.pdf", "Checksum": "bad6f4bf526e638ce78d3762cda42e5b"}, "Scrapedate": "2023-01-01", "Num": ["P/10628/2020"], "Kopfzeile": [{"Sprachen": ["de"], "Text": "Genf Tribunal pénal 12.01.2022 P/10628/2020"}, {"Sprachen": ["fr"], "Text": "Genève Tribunal pénal 12.01.2022 P/10628/2020"}, {"Sprachen": ["it"], "Text": "Ginevra Tribunal pénal 12.01.2022 P/10628/2020"}], "Meta": [{"Sprachen": ["de"], "Text": "Genf Tribunal pénal "}, {"Sprachen": ["fr"], "Text": "Genève Tribunal pénal "}, {"Sprachen": ["it"], "Text": "Ginevra Tribunal pénal "}], "Abstract": [{"Sprachen": ["de", "fr", "it"], "Text": "CP.191"}], "ScrapyJob": "446973/35/2232", "Zeit UTC": "08.01.2026 23:16:03", "Checksum": "6f8f34d32f3a0d5005195af4bea1630e", "Chunktext": "Extrait de l'arrêt Genève Tribunal pénal 12.01.2022 P/10628/2020\nRegeste:\nCP.191\n\nb.c. La première a déclaré qu'un soir, vers 22h00, elle avait entendu D______ crier\n\"police cantonale\". B______ était alors venu vers elle et lui avait dit de ne pas s'en faire,\nqu'il venait de changer sa protection et que l'intéressé était énervé. Rétorquant qu'elle\nne pouvait laisser le résident ainsi, elle s'était rendue dans sa chambre et D______ lui\navait alors demandé d'appeler la police cantonale, tout en disant \"il est fou\", à plusieurs\nreprises. Le précité était agité et se débattait. Elle ne l'avait jamais vu dans cet état.\nB______ était venu derrière elle et lui avait répété qu'il fallait le laisser se calmer et que\nce n'était rien. Toutefois, considérant que cela ne correspondait pas à son agitation\nhabituelle et ne parvenant pas à le calmer, elle avait appelé l'infirmière. Sur le moment,\nelle n'avait pas parlé des faits avec ses collègues ni avec la direction, car elle n'avait rien\nconstaté d'alarmant et n'aurait jamais cru B______ capable de commettre ce genre de\nchoses. Ce n'était qu'à la suite de l'incident survenu le 16 juin 2020 qu'elle avait décidé\nd'en parler. Suite au départ de B______, D______ dormait mieux. Il était désormais\ndécédé.\n\nb.d. J______ a expliqué qu'un matin, de mémoire un mois avant l'incident survenu\navec A______, elle avait entendu D______ crier de manière inhabituelle et s'était donc\nrendue dans sa chambre. Une fois sur place, elle avait constaté que le résident était très\nnerveux, qu'il était nu sur le bas du corps et qu'il tentait de donner des coups de poing et\nde pied à B______. D______ s'était alors mis à répéter \"le salaud, il m'a mis les doigts\ndans le cul\" et à insulter B______, tout en continuant de lui donner des coups et tentant\nmême de lui cracher dessus. Elle ne l'avait jamais vu aussi agité. Elle n'avait pas\nimmédiatement dénoncé l'incident, car, quelques jours auparavant, ce résident s'était\négalement montré très agité et l'avait traitée de \"salope\". A l'époque, elle avait confiance\nen son collègue et avait considéré les propos de D______ comme étant irréalistes. Elle\navait rédigé son témoignage écrit après le colloque qui s'était tenu le lendemain de\nl'agression de A______.\n\nb.e. Entendu le 26 novembre 2020 par le Ministère public, B______ a contesté les\nfaits rapportés par J______ et I______. D______ était toujours agité en raison de son\nAVC et de ses troubles. Avant le coucher, il fallait lui mettre des huiles essentielles sur\nla tête et sur le torse pour le calmer. A une reprise, en présence d'une autre collègue, il\n\nP/10628/2020\n-7-\n\ns'était montré agressif au moment de la toilette et avait commencé à le taper. B______\navait dû lui tenir les poignets, ce qui lui avait causé des rougeurs. Sa collègue et lui\navaient rapporté l'incident à l'infirmière. Excepté cet épisode, il n'avait jamais eu de\nproblème avec D______ et entretenait une bonne relation avec celui-ci. Il n'avait jamais\nmis un doigt dans son anus ni n'avait jamais entendu l'intéressé l'accuser d'avoir fait une\ntelle chose. J______ ne lui avait jamais fait la moindre remarque concernant D______ et\nil s'entendait bien avec elle. Les faits rapportés par I______ étaient aussi complètement\nfaux. Lorsqu'il avait indiqué avoir des attirances pour les personnes âgées, il se référait\nuniquement aux femmes, et non aux hommes.\n\nExpertise psychiatrique\n\nc.a. Dans le cadre de l'expertise psychiatrique réalisée, B______ s'est exprimé à\nl'occasion de quatre entretiens avec les experts mis en œuvre. Il ressort des informations\ncommuniquées à ceux-ci qu'il n'avait jamais subi de violence sexuelle. A la Résidence\nC______, il ressentait un niveau de frustration extrême vis-à-vis de son travail, sans\ncompter que la situation s'était aggravée pendant la pandémie et qu'il se sentait très\nstressé. Il éprouvait aussi un sentiment de dévalorisation et d'un manque de\nreconnaissance de la part de son épouse. Il se définissait comme hétérosexuel et n'avait\njamais eu de rapport sexuel avec un homme ou de fantasme concernant un homme.\nEnviron six mois avant les faits reprochés de juin 2020, il avait fait face à l'apparition\nd'intrusions psychiques de type images de sexes de femmes et il pouvait s'agir d'images\nde sexe de résidentes dont il s'occupait. A quatre ou cinq reprises, il avait ressenti le\nbesoin d'aller se masturber dans les toilettes, sur son lieu de travail, dans l'idée de se\nvider de ses frustrations. Il lui arrivait alors de visualiser les sexes des résidentes qu'il\navait déjà vus. Depuis le début de son activité d'aide-soignant, il se sentait gêné de\ndevoir faire la toilette intime à des personnes âgées. A l'égard de A______, il avait fait\nface à une pulsion agressive, lorsqu'il l'avait vue nue. Il n'avait pas de relation\nparticulière avec elle et l'appréciait comme d'autres résidents. Il ne savait pas, au\nmoment des faits, que A______ était peut-être vierge et en avait entendu parler au cours\nde la procédure pénale.\n\nc.b. Selon le rapport d'expertise psychiatrique du 16 décembre 2020, B______\nprésente un trouble de la préférence sexuelle, de type gérontophilie, assimilable à un\ngrave trouble mental. Si les faits reprochés au prévenu étaient avérés, sa responsabilité\npénale serait légèrement restreinte. Le risque de récidive sexuelle est évalué comme\nfaible par rapport à une population ayant commis des actes similaires. Le facteur de\nrisque principal est le trouble de la préférence sexuelle, mais l'accès à une personne\nvulnérable est aussi un facteur de risque important. Un suivi psychothérapeutique\nsexologique, sous forme ambulatoire et d'une durée minimale d'un an, permettrait de\ndiminuer le risque de récidive de faits similaires. A l'avenir, il conviendrait d'éviter que\nle prévenu ne soit en contact avec des personnes vulnérables dans le cadre de son\nactivité professionnelle.\n\n"}