{"Signatur": "GE_TP_001", "Spider": "GE_Gerichte", "Sprache": "fr", "Datum": "2017-09-05", "HTML": {"Datei": "GE_Gerichte/GE_TP_001_P-10368-2015_2017-09-05.html", "URL": "https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/jtp/show/2124552?doc=", "Checksum": "32db255536b11f0b5c1ca69cfd88e88a"}, "PDF": {"Datei": "GE_Gerichte/GE_TP_001_P-10368-2015_2017-09-05.pdf", "URL": "https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/jtp/file/2017/0001/JTCO_000105_2017_P_10368_2015.pdf", "Checksum": "46e78f8ceb77664d3c8795d5e35978de"}, "Scrapedate": "2023-01-01", "Num": ["P/10368/2015"], "Kopfzeile": [{"Sprachen": ["de"], "Text": "Genf Tribunal pénal 05.09.2017 P/10368/2015"}, {"Sprachen": ["fr"], "Text": "Genève Tribunal pénal 05.09.2017 P/10368/2015"}, {"Sprachen": ["it"], "Text": "Ginevra Tribunal pénal 05.09.2017 P/10368/2015"}], "Meta": [{"Sprachen": ["de"], "Text": "Genf Tribunal pénal "}, {"Sprachen": ["fr"], "Text": "Genève Tribunal pénal "}, {"Sprachen": ["it"], "Text": "Ginevra Tribunal pénal "}], "Abstract": [{"Sprachen": ["de", "fr", "it"], "Text": "CP.112 CP"}], "ScrapyJob": "446973/35/2232", "Zeit UTC": "09.01.2026 00:42:16", "Checksum": "8865a2a99a8082925079675a7fa1e3c4", "Chunktext": "Extrait de l'arrêt Genève Tribunal pénal 05.09.2017 P/10368/2015\nRegeste:\nCP.112 CP\n\ndélire paranoïaque, il restait capable d'avoir un esprit critique sur la nature de la\ntransgression du geste et sur le fait qu'il cherchait un élément extérieur venant épauler\nson doute et son hésitation à passer à l'acte.\nj. Entendus les 5 et 15 mai 2017 au Ministère public, les Drs W______ et\nX______ ont confirmé les conclusions de leurs rapports.\nIls ont précisé que F______ souffrait d'une insécurité narcissique préoccupante, dans la\nmesure où le manque d'estime de lui et le défaut de reconnaissance pouvaient déboucher\nsur de la paranoïa. A son domicile, il se sentait en sécurité car il avait l'impression d'être\nau centre et se sentait respecté. A l'extérieur, c'était l'inverse; il se rattachait alors à sa\nfonction ou à la réussite de ses études. Son déficit narcissique lui faisait prendre une\nposture envahissante et imposante pour l'autre et il se permettait des remarques\ndéplacées. Une cassure pouvait survenir si son monde intérieur devenait extérieur, par\nexemple avec le départ de A______ du domicile familial.\nIl avait pensé pouvoir s'imposer à R______, avait été éconduit et s'était alors persuadé\nque ce refus ne venait pas d'elle mais d'un facteur extérieur. Il s'agissait d'une\ndémonstration de son narcissisme. Par rapport à A______, il avait perçu la fin proche de\nleur relation familiale et n'avait pas pu concevoir que cela venait d'elle, raison pour\nlaquelle il l'avait considérée comme partie à un complot, ce qui l'avait finalement amené\nà agir contre elle.\nIl n'était jamais rassuré, excepté dans le cercle familial, et se trouvait ainsi en position\nde défi permanent, ne pouvant faire confiance à personne, ce qui pouvait laisser place à\ndes hallucinations auditives. Lorsqu'il allait bien, il reconnaissait ces voix comme étant\nintérieures, et lorsqu'il allait mal, il les reconnaissait comme étant extérieures. Elles\nexerçaient une forme de pression mais il n'était jamais totalement sous leur emprise. Au\nmoment des faits, il était encore capable de converser avec lui-même et aurait pu\ninterrompre lui-même son geste.\nLa toute-puissance dont il faisait preuve vis-à-vis de A______ et de sa mère était\nl'expression de son caractère et menait à conclure à sa responsabilité dans la\ncommission des faits. Dès qu'il n'occupait plus cette place dominante, son délire le\nsubmergeait et le trouble mental prenait le dessus. Jusqu'au jour des faits, il avait réussi\nà vivre avec ce trouble ancien et chronique, mais au moment des faits, son délire avait\npris le dessus et l'avait poussé vers le passage à l'acte. Il y avait tout de même une part\nde caractère puisqu'il avait pu discuter avec lui-même de l'opportunité de tirer. Son\nsystème caractériel lui permettait ainsi de renoncer. Le passage à l'acte avait servi à\n« donner une bonne leçon » à A______, dont il jalousait l'autonomie professionnelle et\npersonnelle. Il ne s'agissait pas ici de folie mais de sentiments humains et affectifs.\nIl n'avait pas respecté la logique liée au délire paranoïaque, qui aurait été de s'en prendre\nà R______, à un policier ou à l'homme au pantalon vert. Il s'en était pris à sa nièce alors\nmême qu'elle n'était pas le point central selon sa logique délirante. Le délire seul ne\npermettait pas d'expliquer son choix. Il constituait certes l'un des facteurs aboutissant à\nson acte, mais il y avait un autre facteur qui relevait du caractériel, raison pour laquelle\nil fallait conclure à une responsabilité conservée.\n\nP/10368/2015\n- 17 -\n\n"}