59. L’association requérante soutient en outre qu’aucun but légitime ne justifiait l’atteinte à ses droits. 60. Pour le Gouvernement, le refus de diffuser la publicité litigieuse visait à permettre la formation d’une opinion publique préservée des pressions de puissants groupes financiers et, en même temps, à favoriser l’égalité des chances entre les différentes composantes de la société. Le refus garantissait également à la presse écrite un segment du marché publicitaire, contribuant ainsi à son autonomie financière. Selon le Gouvernement, la mesure se justifiait donc par «la protection (...) des droits d’autrui» au sens de l’art. 10 § 2 CEDH. 61.