La Cour reconnaît que la stabilité du mariage représente un but légitime et conforme à l’intérêt public, mais l’idonéité du moyen utilisé en l’occurrence pour y parvenir lui inspire des doutes. En Suisse même, la Commission d’études pour la révision partielle du droit de la famille, puis la Commission d’experts pour la révision du droit de la famille semblent en avoir éprouvé elles aussi puisqu’elles ont proposé l’abrogation de l’art. 150 CC (voir aussi, mutatis mutandis, l’arrêt Inze du 28 octobre 1987, Série A 126, p. 19, § 44). En tout cas, la Cour ne saurait souscrire à la thèse selon laquelle l’interdiction temporaire de remariage vise à préserver les droits d’autrui, en fait ceux du