{"Signatur": "CH_VB_005", "Spider": "CH_VB", "Datum": "2016-03-10", "PDF": {"Datei": "CH_VB/CH_VB_005_150000347_2016-03-10.pdf", "URL": "https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc/150000347.pdf?ID=150000347", "Checksum": "88ec3b5fc39a29a4430852493e8e20c7"}, "Scrapedate": "2026-03-20", "Num": ["150000347"], "Kopfzeile": [{"Sprachen": ["de"], "Text": "Verwaltungspraxis der Bundesbehörden (1987-2017) Eidgenössischen Finanzdepartement (EFD) 10.03.2016 150000347"}, {"Sprachen": ["fr"], "Text": "Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération (1987-2017)  DFF, Département fédéral des finances 10.03.2016 150000347"}, {"Sprachen": ["it"], "Text": "Giurisprudenza delle autorità amministrative della Confederazione (1987-2017) Dipartimento federale delle finanze (DFF) 10.03.2016 150000347"}], "Meta": [{"Sprachen": ["de"], "Text": "Eidgenossenschaft Verwaltungspraxis der Bundesbehörden (1987-2017) Eidgenössischen Finanzdepartement (EFD)"}, {"Sprachen": ["fr"], "Text": "Conféderation Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération (1987-2017)  DFF, Département fédéral des finances"}, {"Sprachen": ["it"], "Text": "Confederazione Giurisprudenza delle autorità amministrative della Confederazione (1987-2017) Dipartimento federale delle finanze (DFF)"}], "ScrapyJob": "446973/70/126", "Zeit UTC": "20.03.2026 01:16:47", "Checksum": "97637db897d291043b1c95e419cdfea0", "Chunktext": "Extrait de l'arrêt Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération (1987-2017)  DFF, Département fédéral des finances 10.03.2016 150000347\n\n2.1.2 Obligations positives en droit suisse\nOn retrouve ainsi en droit suisse l’interdépendance entre les obligations négatives et positives.\nLe Conseil fédéral7, une partie de la doctrine8, et la pratique distinguent de manière générale trois types\nd’obligations à la charge de l’État:\n– les obligations d’abstention («Unterlassungspflichten») qui peuvent être décrites comme des\ndevoirs négatifs («negative Pflichten» ou «duty to respect»),\n– les obligations de protection («Schutzpflichten»9 ou «duty to protect»), et\n– les obligations de réalisation ou de mise en œuvre («Gewährleistungspflichten» («duty to fulfil or\nduty to ensure»).\nLes obligations de protection et les obligations de réalisation ou de mise en œuvre sont considérées\ncomme des obligations positives. La majorité des obligations positives relèvent d’obligations de moyen,\ncertaines impliquent une obligation de résultat.\nSans entrer dans le détail de la classification disparate10 des obligations positives, le présent avis de\ndroit mettra l’accent sur les obligations de réalisation qui permettent d’exiger une prestation («Leistung»)\nde l’État, au sens de la question posée sur la mise à disposition d’aires de stationnement et de transit\npour les gens du voyage, et de garantir ainsi un résultat.\nCe type d’obligations sera examiné d’un point de vue pragmatique en s’interrogeant sur leur fondement\nainsi que sur leur portée.\n\n2.1.3 Justiciabilité des obligations positives en droit interne\nLes obligations de protection sont justiciables en droit interne dans la mesure où elles ne requièrent pas\nune intervention sur le plan législatif11, par exemple le droit à la vie.\nLa question de la justiciabilité d’obligations de réalisation est plus délicate. Le Tribunal fédéral montre,\nde manière générale, une certaine retenue en déclarant, par exemple:\n«Die Grundrechte auf Familie und Achtung des Familienlebens (Art. 14 BV und Art. 8 EMRK)\nrichten sich in erster Linie als Abwehrrechte gegen den Staat. Sie begründen nur ausnahmsweise\nund punktuell verfassungsunmittelbare Leistungsansprüche» 12.\nQuant à la doctrine récente, elle répond de manière nuancée à la question de savoir si un particulier\npeut se prévaloir d'un droit fondamental pour exiger une prestation de l’État. Pour certains auteurs, cette\nréponse dépend de la liberté invoquée, du type de prestations exigées, de l’autorité administrative qui\n\n6 Nathanaël Pétermann, op.cit., note n° 5 et la citation in fine de l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme du\n16.12.2010, A, B et C c. Irlande, § 216 et §§ 245 ss..\n7 Message du Conseil fédéral du 19 décembre 2012 portant approbation de la Convention du 13 décembre 2006 relative aux\ndroits des personnes handicapées, FF 2013 601 [614], ch. 2.2.\n8 Walter Kälin, Jörg Künzli, Universeller Menschenrechtsschutz, Das Schutz des Individuums auf globaler und regionaler\nEbene, Helbing & Lichtenhahn Verlag, Nomos Verlag, 2013, n° 263-265, p. 103-104; voir aussi Nathanaël Pétermann, Les\nobligations positives de l'Etat dans la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, Théorie générale,\nincidences législatives et mise en œuvre en droit suisse, Stämpfli, 2014, p. 98-99.\n9 Comparer, par exemple, au sujet des obligations de protection, l’ATF 126 II 300 [314], cons. 5a selon lequel: «Nach\nneuerer Auffassung haben Grundrechte nicht nur eine abwehrende Funktion gegen Beeinträchtigungen durch den Staat,\nsondern begründen auch eine staatliche Schutzpflicht gegen Gefährdungen, die von Dritten verursacht werden».\n10 Certains auteurs se placent, par exemple, dans la perspective des prétentions qui peuvent découler des droits\nfondamentaux et les énumèrent de la manière suivante: «Abwehransprüche»; «Schutzansprüche» et\n«Leistungsansprüche»; cf. Rainer J. Schweizer in Die Schweizerische Bundesverfassung, St. Galler Kommentar, 2014,\nVorbemerkungen zu Art. 7-36, n° 35 ou Regina Kiener, Walter Kälin, Grundrechte, Stämpfli, 2013, p. 34-42; voir au sujet\nde la théorie peu «lisible» des obligations positives, Nathanaël Pétermann, op. cit., note n° 8 p. 99.\n11 Voir, notamment, le Message du Conseil fédéral cité à la note n° 7, FF 2013 601 [613–614], ch. 2.2.\n12 ATF 140 I 77 [81], cons. 5.3; voir au sujet de la liberté d’expression et de réunion l’ATF 127 I 164 [167], cons. 3a.\n\nVPB/JAAC/GAAC/PAAF 2017, édition du 30 mars 2017 24\nAvis de droit / Gutachten DFJP, Office fédéral de la justice\n\ndevrait la fournir ainsi que des circonstances du cas d’espèce 13. D’autres, après avoir rappelé que\nquelques dispositions constitutionnelles fondent directement le droit, dans certaines circonstances, à\nune prestation de l’État (par exemple, le droit à l’assistance judiciaire garanti à l’art. 29, al. 3, Cst.),\ns’expriment ainsi:\n«Zweitens können sich die Anforderungen, welche die Grundrechte an das Verhalten der\nBehörden stellen, in bestimmten Fallkonstellationen ausnahmsweise und punktuell zu einem\nkonkreten, verfassungsunmittelbar begründeten Leistungsanspruch verdichten»14.\nIl n’est donc guère possible d’appréhender la question des obligations positives de manière générale. Il\nfaut examiner, dans chaque cas, les différentes dispositions conventionnelles et constitutionnelles\npertinentes qui pourraient entrer en ligne de compte pour fonder des obligations positives voire\nd’éventuels droits justiciables en faveur des gens du voyage.\n\n"}