il suffit qu'il ait connaissance de circonstances qui font naître le soupçon pressant de faits constituant légalement une infraction sévèrement réprimée et qu'il s'accommode de l'éventualité que ces faits se soient produits; l'auteur ne pourra ainsi échapper à la sanction pénale en alléguant simplement qu'il croyait à l'existence d'un délit plutôt que d'un crime, s'il n'avait connaissance d'aucun indice concret de faits qualifiés de délit et qu'il a manifestement vu la possibilité que les fonds proviennent en réalité d'un crime (ATF 119 IV 247 consid. 2b; URSULA CASSANI, op. cit., n° 51 ad art.