L'argument, avancé devant l'une des juridictions suisses, selon lequel la mauvaise comptabilité du prévenu (point mentionné au paragraphe 16 de l'arrêt de la majorité) rendait l'enquête plus difficile et militait donc contre son élargissement, ne saurait peser contre lui dans la balance. De même, la prétendue omission de l'intéressé d'aider les enquêteurs à réunir des preuves contre lui ne constitue pas une raison valable de refuser de le libérer. Il est toujours loisible à un tribunal de subordonner à des conditions la liberté d'un prévenu, y compris même l'obligation de se présenter chaque jour à la police s'il y a des raisons de craindre qu'il ne s'enfuie.